La plume océane                        


Le banc des vieux.

Les tamaris ont été arrachés, un chantier a pris place au port.

Il y en a plusieurs au village, mais celui-là est situé à  l’endroit où se trouve « le banc des vieux ». C’est ainsi que ceux qui y usent leurs fonds de culottes l’appellent depuis l’époque où ils les usaient sur ceux de l’école.

En fait, il n’y en a pas qu’un seul !  Sinon, ils  auraient  bien du mal à tous  s’y asseoir, les copains de G. , « casquètaïres »ou non !

Et voilà que tout est chamboulé, le terrain auquel ils tournaient le dos va être construit. Les tamaris et leur ombre rafraîchissante ne sont plus, le mur de clôture et son renfoncement protégeant du vent ont disparu. Les bancs ont été déplacés à quelques mètres de là, le long de la haie du jardin du maire. 

Oui, mais l’ombre et l’abri ?

« Aujourd’hui nous sommes là parce que le ciel est voilé, mais quand le soleil brillera, 

nous ne pourrons plus y tenir ! »

Et déjà, ils sont de moins en moins nombreux à y venir.

C’est tout un pan de leur vie qui se trouve brusquement déraciné comme ces tamaris 

auxquels ils étaient attachés.

 « Moi, j’ai 77 ans, et je l’ai toujours connu, ce banc »!

Les galopins d’alors se retrouvaient ici, puis là, s’éparpillant comme des moineaux, pour dieu sait quelle raison.

L'ancien site du Griffoul était un de leurs rendez-vous, l’entrée du cinéma un autre, mais « le banc des vieux » les voyait accourir bien souvent. « On venait écouter les histoires que les anciens racontaient, les réflexions qu’ils faisaient » ; comme une initiation au monde des grands, une incursion à reculons dans les années où ils n’étaient pas encore nés.

Des regards dépités sont jetés du côté du terrain tout nu !

Ils se posent aussi dans le prolongement de la haie et, de se demander 

si leur coin à eux ne serait pas sur le domaine public.

Un espoir naît. Peut- être y sera-t’ il replacé après les travaux ?

Pourtant il existe d’autres bancs à l’abri du vent et du soleil !

Celui de  la mairie par exemple : « Eh oui, mais ici, il y a le port !

Nous venions jadis à quatre ou cinq heures du matin 

lorsque les pêcheurs déchargeaient le poisson ou le soir, quand ils repartaient ».

Joseph s’y revoit et ceux qui n'ont pas assisté à ces scènes se rappellent celles du film « Cap au large ».

« Et puis, c’est l’endroit idéal pour voir arriver les vols de palombes passant par-dessus la colline de St Martin. Et hop, on partait à la chasse ! » 

Ce banc a toute une histoire et s’il est tant aimé, c’est qu’il était là où il devait être. 

*******

"...Ah que j aime la mer ! Pourtant, elle nous malmène quand elle le veut. Mais
chaque fois que l'on quitte un port ou un mouillage j ai la même impression ;        
 l'espace s'ouvre tout à coup devant nous. L'eau brille de lumière     
étincelante, l'air est  pur et je respire avec gourmandise en fermant les
yeux à chaque inspiration.
Le bateau s'élance joyeux. Que cela fait plaisir de le sentir frémir dans le
vent, épouser les vagues de son ventre lisse !
C'est sa première sortie après un an et demi à s'ennuyer dans un chantier.
Nous longeons les flancs d'un grand paquebot sur tribord. Là-haut de petits      
touristes nous regardent passer sous eux...
Le pont s'est ouvert devant
 nous, et c'est à nouveau le coup de foudre, l'éblouissement,
je suis instantanément reconquise.
La mer !
Je ne résiste pas au plaisir de m'installer
sur le passavant  bâbord , jambes pendantes le long de la coque.
Les plus grosses vagues viennent rafraîchir mes pieds tandis que d'autres ne
se gênent pas pour nous arroser..."

**********

                                               " ... C'est qu' 'il y a de la langouste par ici !                                                      Je longe, contourne un massif  coralien et m'enfile dans une sorte de petit  couloir turquoise.
Il y des trous à explorer partout ! Pas difficile ! Pas plus de deux mètres d'eau.
Elle est limpide aujourd'hui, brillante !
Mon masque n'en croit pas mes yeux ! Un nid ! Je suis tombée sur un nid de  langoustes !!!
Dans l'obscurité de leur refuge, ce sont les paires d'antennes que je vois d'abord.
Il y en a au moins trois, quatre, il me semble.
Toute excitée, je sors la tête à l'air libre et appelle G..."





Accueil
Qui suis-je ?
Prestations
Modalités
Témoignages
Textes
Coin  des navigateurs
Pour les professionnels
Tarifs
Contact
Liens utiles